EMMA DAUMAS
«Cet album m'a permis de me retrouver»
Emma Daumas revient en force. Malgré le succès de son premier disque qui lui a valu le titre de Révélation francophone de l'année 2004 aux NRJ Music Awards, et après avoir joué les égéries pour les produits l'Oréal, Emma Daumas, demi-finaliste de la Star Academy Il, soutient qu'elle a eu du mal à franchir le cap de la Star Ac'. Aujourd'hui transformée, alors qu'Effets Secondaires, son nouvel opus est dans les bacs depuis le 13 février, la chanteuse, jointe au téléphone, nous explique en quoi son come-back est salvateur.
■ Un nouveau look, un nouvel album intitulé Effets secondaires. Une nouvelle Emma Daumas ?
Après le succès du Saut de l'ange (son premier album NDLR), je n'étais pas contente d'être constamment critiquée. Je me devais de prendre du recul pour mieux cerner mon univers artistique, mais aussi pour prouver que le succès de ce disque, n'était pas le fruit du hasard. Je me suis reprise en mains, grâce à ceux qui ont continué à croire en moi et en ma musique. Effets secondaires, c'est en somme, des réactions à des situations vécues et de tout ce qui m'est arrivé depuis deux ans. C'est un album personnel, que je propose au public, car chaque morceau est un petit bout de moi.
■ Pour réaliser ce nouvel opus, vous vous êtes entourée de personnalités de calibre, dont Maïdi Roth, Benoît Poher du groupe Kyo, David Hallyday, entre autres. Parlez-nous de cette collaboration.
J'avais déjà travaillé avec Maïdi Roth sur Le saut de l'ange. Nous avons respecté la logique puisqu'entre nous, c'est une belle rencontre musicale. Pour ce qui est de Benoît Poher, je l'avais rencontré sur un plateau de télévision. C'est quelqu'un que j'admire beaucoup et avec qui j'avais très envie de travailler. Je lui ai fermement demandé s'il avait envie de travailler avec moi. Quand il a vu ce que je pouvais faire, il a accepté. Pour ce qui est de David Hallyday, il devait réaliser Le saut de l'ange. Mais comme il travaillait lui-même sur un disque, il n'a pas eu le temps. On s'est rappelé et il a accepté. Tous ces artistes, m'ont beaucoup apportée. Ils m'ont aidée à écrire et à me retrouver. Ils ont compris que je voulais quelque chose de personnel, parce que la musique découle de notre vie. Chaque chanson a son propre univers et son caractère. Cet album est très eclectique, même s'il reste dans la mouvance pop rock. Ce que j'aime par-dessus tout, ce sont toutes les couleurs qui s'y dégagent.
■ Le saut de l'ange, votre premier album, a été double disque d'or. Le single Tu seras, s'est écoulé à 300 000 exemplaires. Votre duo avec le groupe Eskobar a cartonné et dans la foulée, vous avez été élue Révélation francophone de l'année 2004 aux NRJ Music Awards. Malgré ce succès, vous êtes passée par la phase de la remise en questions. Pourquoi ?
Je suis restée très perturbée après la Star Ac'. Cette expérience est traumatisante parce qu'elle nous a poussés si vite sous les feux de la rampe. On est constamment jugé dans notre vie de tous les jours. C'est très extrême et c'est une situation pas du tout facile à vivre au quotidien. J'ai beaucoup encaissé. Mais j'ai réussi à combattre. Je me suis rendue compte que je ne devais rien faire pour les autres et que je devais surtout penser à moi. J'ai fait la Star Ac' pour me faire remarquer, pour qu'on écoute mes chansons. Il y a plein de facettes de moi que les gens ne connaissent pas forcément parce que l'image est complètement faussée. J'ai longtemps été victime d'un sentiment de rejet. Je me suis beaucoup cherchée. J'étais en quête d'identité.
«J'ai longtemps
été victime d'un
sentiment de rejet.
Je me suis beaucoup
cherchée. J'étais en
quête d'identité.»
■ Ce deuxième album serait l'aboutissement de ce que vous recherchiez ?
Oui. Aujourd'hui, j'ai arrêté d'écouter les autres. Je m'écoute moi. Dans ce métier, il faut surtout avoir la communion et le partage avec le public. Le reste a peu d'importance, parce que chacun voudrait qu'on soit différent. Cet album m'a permis de me retrouver. J'ai eu envie d'écrire des textes qui me correspondent. Le temps de la rétrospection et de la remise en question est passé.
■ Pour survivre à la Star Ac', il faut donc beaucoup de caractère et des nerfs d'acier ...
Il faut être très fort parce que rien ne tombe du ciel. Quand on sort de là, on a tendance à s'endormir sur ses lauriers. Je ne suis jamais partie du principe que tout était gagné d'
'avance. Le plus dur c'est de trouver sa vraie identité musicale et de s'y coller. Et pour y arriver, il faut de la personnalité et du caractère. Il faut aussi beaucoup de chance pour rencontrer des personnes susceptibles de vous aider à trouver cette identité. Dans mon cas, si je ne les avais pas rencontrées, je ne serais pas là aujourd'hui. Il faut beaucoup de patience et de persévérance pour arriver à se révéler.
■ Regrettez-vous d'avoir été candidate à la Star Ac' ?
Non, pas du tout. Je dis seulement qu'il faut savoir évoluer après et se construire, pour s'en sortir. Mon nouvel album a été salvateur parce que j'avais touché le fond. Mon caractère de challengeuse m'a aidée à m'en sortir.
■ Vous repartez bientôt en tournée. Pouvons-nous espérer vous voir bientôt chez nous ?
J'ai hâte de retrouver le public et je serai ravie de repasser par l'île Maurice, parce que j'aime beaucoup votre pays. Quant à savoir si je pourrais m'arrêter pour un concert, je croise les doigts.